Toujours à l’affût de graphisme, Twitter me délivrait il y a quelques jours de cela, une info a peu près libellée comme ceci : “Trop impressionnant ce que ce gars peut faire en street art : http://www.patrickbaillet.fr/ “.
Habitué aux Banksy et autres Obey, je me suis tout de suite rendu sur la dite page. A ma grande surprise, je découvrais naïvement la suprême utopie en laquelle j’ai foi (pauvre de moi) : des œuvres magnifiques laissées à l’abandon sur des murs décrépis, à la merci des outrages du temps et des imbéciles petits taggueurs analphabètes.
Rêves…
J’étais déjà persuadé d’avoir sous les yeux le geste ultime d’une création désintéressée produite par un génie. J’imaginais le bonhomme comme étant un dieu du pinceau arrivé au sommet de son art et de sa maitrise. Un esthète pour qui l’art se devait d’être éphémère et donc librement accessible pour nous simples mortels de passage sur cette terre.
La lecture de son site me donnait à croire en mon rêve. Plasticien, professeur certifié de design… un cador en sommes !
Et de toute la blogosphère de relayer la même actualité. Avec un blabla arty bien comme il faut :
Dans des lieux taggés, abandonnés, l’artiste a intégré des fragments d’oeuvres classiques. Un travail superbe et déroutant. ” Au milieu de cette brutalité urbaine, je me plais à faire ressurgir le souvenir d’une culture sophistiquée et la nostalgie d’un raffinement perdu.” P. Baillet
Rien ne transpire sur la technique. Tout est présenté comme du street art.
…et déconvenue
Ma curiosité m’a donc poussé jusqu’à l’exposition du monsieur à la Galerie Lazarew, 14 rue du perche, 75003 PARIS
Dans ce lieu tranquille, en plein cœur du Marais, je découvrais alors et en très grand format, les photos de l’artiste. Elles sont visibles sur son site http://www.patrickbaillet.fr
Il ne m’a pas fallu 2 secondes pour comprendre que je m’étais lourdement trompé !
Même si le résultat est agréable à regarder, la supercherie consiste en l’intégration minute d’une image dans une autre sous Photoshop (ou autre logiciel de retouche d’images).
A y regarder de plus près, le boulot n’est même pas perlé. Le fondu du tableau consiste en des bords estompés et un peu de détourage et… c’est tout.
Quart d’heure de célébrité
Nous sommes ici à des années-lumières du travail accompli par un graffeur (bombes ou pochoirs…) qui pose son art sur un mur. Avec le temps, les conditions et les risques que cela représente.
Le street art se passe DANS LA RUE. Dans la vraie vie quoi. Pas derrière un écran au chaud chez soi. Ici, il n’y a que la photo qui ait été prise sur le vif.
Le propriétaire de la galerie était visiblement enchanté par cette exposition. Je lui ai tout de même glissé que c’était un peu bidon.
Pour le prouver, je me suis permis de prendre 10 minutes de mon temps pour réaliser le même type d’”œuvre”.


Puisque l’on peut prétendre à l’exposition et à la célébrité sans se faire chier, alors pourquoi pas moi.
Il me reste à en faire quelques dizaines pour ériger ça en démarche artistique.
Esprit critique et opportunisme
Tout en restant sur son enthousiasme, le galeriste me laissait choir, comprenant bien vite que je ne serai pas le client enclin à acheter.
Je dis souvent que l’on peut produire n’importe quoi et n’importe comment. Le résultat plaira forcément à quelqu’un quelque part.
Il y a toujours des personnes qui osent. Par audace ou par inconscience. Quand la rencontre entre celles qui créent et celles qui diffusent se produit, il en résulte des expositions tape à l’œil et des prix au catalogue qui peuvent se révéler scandaleux (je n’ai pas pu voir les prix pratiqués dans cette galerie).
Sur un malentendu, ça peut marcher. L’art contemporain regorge d’œuvres improbables qui ont rencontré un public au portefeuille bien garni.
Bonus : Si vous aussi vous souhaitez vous lancer, n’oubliez pas de générer votre texte de présentation pseudo arty ici : http://10k.aneventapart.com/Uploads/262/
En mars 1955, Marilyn Monroe se promenait dans les rues de New-York, en quête de légitimité et pour prendre un nouveau départ dans sa jolie carrière.
Las d’être la blonde gentiment idiote, elle prenait à cette époque, un virage artistique vers plus de maturité.
Durant une semaine, le reporter Ed Feingersh, eut le privilège de l’accompagner partout et surtout dans les endroits que la star ne fréquentait jamais ou très peu.
Il s’ensuit une superbe collection de photos d’une Marilyn au sourire fragile et charmeur. Son visage de poupée s’illumine dans tous les lieux visités (métro, kiosque à journaux, restaurant…). L’étoile semble un peu plus accessible.
Les clichés de Ed Feingersh sont magnifiques et auraient mérité un traitement plus respectueux que ce papier tramé et contre collé sur carton plume.
Cet événement est organisé par Getty Images à l’occasion de la sortie du livre “Une blonde à Manhattan“.
L’exposition est visible à la Maison des États-Unis jusqu’au 7 octobre 2011, métro Saint-Sulpice, 3 rue Cassette dans le 6ème arrondissement de Paris.
Pou pou pidou !!!







Il va falloir vous dépêcher si vous aimez les pin-ups (genre Dita Von Teese ou Bettie Page) et les dessins originaux d’auteurs de BD.
Pin-up l’exposition se tient actuellement à La Gallery , 14 rue Charles V, 75004 Paris (près de Bastille, métro St Paul).
Sur 15m² à peine et jusqu’au 12 mai seulement (!), la petite galerie parisienne présente une soixantaine d’artistes et leurs œuvres aussi originales que chers.
Mais le plaisir des yeux est au rendez-vous devant tant de talent.
Foncez avant de la louper !




Intitulée “L’Histoire en spectacle“, l’exposition qui se tient actuellement au Musée d’Orsay retrace l’œuvre du peintre et sculpteur français Jean-Léon Gérôme.
Son don pour le dessin, la peinture et la sculpture servait à propos une imagination débordante quant aux sujets représentés.
Gérôme voyageait et se documentait pour au final ne garder que l’essentiel, le ressenti et le spectaculaire dans ses œuvres.
Chaque image, même si elle prend des libertés historiques ou géographiques, est un mélange savant d’instant dramatique fort, de composition savante et de mise en scène quasi cinématographique.
Sur ce dernier point, il est à noter que les péplums (genre de film où les torses huilés le dispute aux toges romaines) se sont inspirés de ce travail au point de reprendre au cadrage près certains tableaux (La mort de César et le Le martyr des chrétiens sont repris dans le film Quo Vadis de manière identique).
L’exposition nous fait passer par les différentes époques de l’artiste et les thèmes qu’il affectionnait.
J’ai un faible pour son Orientalisme où les harems sont fantasmés, où le sultan pleure son tigre mort, où les fiers guerriers ottomans se reposent dans les cours de palais somptueux aux carrelages luisants.
Une exposition jusqu’au 23 janvier 2011 qui mérite le coup d’œil pour voir en vrai des toiles que les reproductions sur écran ou sur papier n’arrive pas à restituer dans le détail.

Avril 2010. Vernissage de l’exposition photographique “Rose, c’est Paris” de Bettina Rheims et Serge Bramly.
Il s’y frotte et s’y côtoie des artistes au crâne à demi-rasé, des mignonnes diaphanes et édulcorées en quête d’un objectif qui pourrait faire leur carrière, et une faune parisienne qui prend plus garde à son apparence qu’aux œuvres exposées.
Serge Bramly à l’écriture et Bettina Rheims à la photographie nous plonge dans un conte surréaliste et abscon : l’histoire de Rose, féminin Fantômas, qui cherche dans un Paris perdu et statique, sa sœur jumelle, son double je.
On assiste alors à une collection de clichés maîtrisés mais mal retouchés (voir l’ombre de la femme à la tête coupée) et de filles allergiques au textile.
Subversif pour certains (oui, il y a pas mal de femmes nues), cette œuvre est plutôt rébarbative pour le plus grand nombre.
On entre jamais réellement dans l’univers mis en place par les auteurs.
Je vous conseille d’ailleurs de voir le film réalisé par Serge Bramly pendant les prises de vues (ce n’est pas un making-of). Monté, chapitré et, hélas, doté d’une voix-off sous prozac, il vous éclaire cette étrange histoire. Ensuite, vous pourrez apprécier les photos et les situer dans la narration.
Les modèles sont tour-à-tour des gens connus (prudes et bien mis en scène) et des copines anonyme à la fesse molle. Pas de quoi nous vendre du rêve.
Une exposition, pour Paris et ses élites, qui ne devrait pas vraiment s’exporter en dehors du périphérique.

Rose, c'est Paris - © Bettina Rheims











