La photographie est l’une de mes passions.
Les sujets sont divers mais certains sont plus attirants que d’autres.
Travailler avec un modèle vivant est un exercice agréable et dynamique. Il est obligatoire de conjuguer la composition, le cadrage, la lumière et l’observation du sujet pour saisir l’instant qui fera la différence sur l’image finale.
L’implication émotionnelle
Au delà de la technique, des paramètres et des réglages, la prise de vue de son modèle joue principalement sur le ressenti. La vision du vivant dans le viseur de l’appareil déclenche une connivence qui efface la présence de l’appareil.
On guette une sensation, un mouvement gracieux, un rai de lumière sur la courbe du visage ou du corps. On joue avec la présence de l’autre et la réciprocité dans le jeu des regards.
L’objectif n’est alors que le prisme par lequel l’émotion vient se fixer en image.
La photo a toutes les chances de fonctionner si on y ressent l’attirance du photographe pour son modèle. Cette attirance peut être physique bien sûr (photo de nu), purement esthétique (harmonie des courbes, texture de la peau, position(s) du corps), sentimentale (quand le cœur bat plus fort pour des raisons que la Raison ignore).
L’image ici regroupe toutes ces composantes. Elle était nue, sa pose voluptueuse et nonchalante et, par dessus tout, sa présence auprès de moi m’ont donné le bonheur de saisir cette beauté dont je suis amoureux.
Autour de 1900, Heinrich Kühn, mordu de photographie, avait pour objectif de créer des images dont la valeur artistique devait rivaliser avec la peinture.
En utilisant des procédés originaux et novateurs dignes d’un apprenti sorcier (gomme bichromatée, développement à l’huile, ozotypie…), il fixait sur divers supports papiers ses photographies de paysages ou de sa famille rompu aux poses longues nécessaires à l’époque.
Le résultat est une série d’œuvres impressionnistes que Monet aurait pu exécuter à la pointe de son pinceau.
Les lumières se diffusent sur la finesse du papier japonais, les dégradés de gris sont limités à l’essentiel sur le grain plus grossier de papiers à fort grammage.
Surprenant et esthétique, cette œuvre est à découvrir en ce moment au musée de l’Orangerie, place de la Concorde à Paris.



Au revoir les Dieux du Stade et leurs petites quéquettes.
Place au projet photographique Stone Nudes, plus esthétique, pas neuf pour autant et toujours dans le sport.
Dean Fidelman a saisi dans l’effort le corps de jolies grimpeuses totalement nues et sans matériel lors de sessions de varappe.
Les meilleurs clichés sont rassemblés chaque année en un calendrier qui peut concurrencer à l’aise celui de Pirelli.
Les filles y sont magnifiques. L’anatomie est mise en valeur lors de l’effort. L’érotisme qui s’en dégage vaut surtout par le mariage entre les corps lisse et harmonieux et la rudesse d’une roche sombre et monolithique.
Vous allez penser que j’aime parler et écrire à propos des femmes nues et montrer des photos de filles dévêtues. Ce n’est pas faux.
Mais en l’occurrence, ce serait un jugement un peu hâtif car il s’agit ici d’une illusion d’optique. Elle sera servi pour plus de fun par deux exemples agréable à regarder.
Voici 2 photos que votre cerveau va interpréter. Nous avons tous la capacité de remplir les trous, de compléter les parties manquantes. D’autant plus précisément de par notre expérience et la tournure de notre esprit
A ce point, il est temps de vous calmer en regardant les versions complètes, et sans bulle, de ces photos.
Étonnant, non ?
Et si vous voulez tester cela par vous-même, il existe un outil en ligne qui permet de faire la même chose :
http://bubbler.heroku.com/index.html
Avril 2010. Vernissage de l’exposition photographique “Rose, c’est Paris” de Bettina Rheims et Serge Bramly.
Il s’y frotte et s’y côtoie des artistes au crâne à demi-rasé, des mignonnes diaphanes et édulcorées en quête d’un objectif qui pourrait faire leur carrière, et une faune parisienne qui prend plus garde à son apparence qu’aux œuvres exposées.
Serge Bramly à l’écriture et Bettina Rheims à la photographie nous plonge dans un conte surréaliste et abscon : l’histoire de Rose, féminin Fantômas, qui cherche dans un Paris perdu et statique, sa sœur jumelle, son double je.
On assiste alors à une collection de clichés maîtrisés mais mal retouchés (voir l’ombre de la femme à la tête coupée) et de filles allergiques au textile.
Subversif pour certains (oui, il y a pas mal de femmes nues), cette œuvre est plutôt rébarbative pour le plus grand nombre.
On entre jamais réellement dans l’univers mis en place par les auteurs.
Je vous conseille d’ailleurs de voir le film réalisé par Serge Bramly pendant les prises de vues (ce n’est pas un making-of). Monté, chapitré et, hélas, doté d’une voix-off sous prozac, il vous éclaire cette étrange histoire. Ensuite, vous pourrez apprécier les photos et les situer dans la narration.
Les modèles sont tour-à-tour des gens connus (prudes et bien mis en scène) et des copines anonyme à la fesse molle. Pas de quoi nous vendre du rêve.
Une exposition, pour Paris et ses élites, qui ne devrait pas vraiment s’exporter en dehors du périphérique.

Rose, c'est Paris - © Bettina Rheims









