Nous avons tous vu quelques images de body painting. Discipline artistique qui permet au peintre d’agiter le manche - de son pinceau - sur l’épiderme féminin de ses modèles.
Ici, il s’agit de graffer des filles plutôt jeunes et bien roulées. A la bombe, j’en doute, mais toujours au pinceau et plus sûrement au gros feutre genre Posca.
C’est une bonne idée pour plusieurs raisons :
le support est tellement plus chaleureux et convivial qu’un bête mur de ciment gris,
plus d’ennui avec la police,
les ondulations de ces créatures dénudées mettent en valeur les typographies entrelacées des graffs.
c’est un art qui se renouvèle car il n’a pas le caractère définitif du tatouage.
Il existe des sites dédiés pour se rincer l’œil admirer ces œuvres vivantes.
Celui que j’ai pillé pour illustrer mon article : shriiimp.com - Graffitis on girls offre des centaines de photos de qualités diverses dans des galeries un peu bordéliques. A voir aussi, le blog graffitis-girls.com qui en montre moins mais qui donne à voir quelques jolies modèles.
Bizarre, et tant mieux pour mes yeux, il n’existe pas l’équivalent sur les hommes.
Un collectif d’artistes a déversé de la peinture au niveaux des feux de la Rosenthaler Platz à Berlin.
Quand les véhicules ont commencé à rouler dedans, cela a donné un joli chaos de couleurs.
La peinture est censé s’effacer au fur et à mesure des pluies.
Au-delà de l’aspect esthétique, mon côté raisonnable à tout de suite pensé aux risques de dérapages et à la confusion issue de la perte de signalisation au sol. C’est pour ça, que je ne me permet pas ce genre de choses, je pense trop aux effets de bords plus ou moins dangereux que cela peut occasionner.
Avril 2010. Vernissage de l’exposition photographique “Rose, c’est Paris” de Bettina Rheims et Serge Bramly.
Il s’y frotte et s’y côtoie des artistes au crâne à demi-rasé, des mignonnes diaphanes et édulcorées en quête d’un objectif qui pourrait faire leur carrière, et une faune parisienne qui prend plus garde à son apparence qu’aux œuvres exposées.
Serge Bramly à l’écriture et Bettina Rheims à la photographie nous plonge dans un conte surréaliste et abscon : l’histoire de Rose, féminin Fantômas, qui cherche dans un Paris perdu et statique, sa sœur jumelle, son double je.
On assiste alors à une collection de clichés maîtrisés mais mal retouchés (voir l’ombre de la femme à la tête coupée) et de filles allergiques au textile.
Subversif pour certains (oui, il y a pas mal de femmes nues), cette œuvre est plutôt rébarbative pour le plus grand nombre.
On entre jamais réellement dans l’univers mis en place par les auteurs.
Je vous conseille d’ailleurs de voir le film réalisé par Serge Bramly pendant les prises de vues (ce n’est pas un making-of). Monté, chapitré et, hélas, doté d’une voix-off sous prozac, il vous éclaire cette étrange histoire. Ensuite, vous pourrez apprécier les photos et les situer dans la narration.
Les modèles sont tour-à-tour des gens connus (prudes et bien mis en scène) et des copines anonyme à la fesse molle. Pas de quoi nous vendre du rêve.
Une exposition, pour Paris et ses élites, qui ne devrait pas vraiment s’exporter en dehors du périphérique.
Du camouflage urbain inspiré des tenues militaires imitantes à la perfection les feuillages des arbres.
Sauf qu’ici les feuilles sont de couleurs et pèsent 80 g et que les cartons ou les sacs Ikea cachent bien l’humain tapis dessous.
J’imagine la tête des clients quand tout ça se met à remuer.
Le tout est à voir sur Urban Camouflage, dont voici le petit texte d’introduction en anglais :
Urban Camouflage deals with the question how to camouflage oneself and one’s identity in the urban space. Our costumes are inspired by the «ghillie suits», the military camouflage suit. It was an adventure to wear the suit in the stores because of the conflicts with the employees, the reaction of the customers and also to see the pretty well camouflage effect in a real situation.